Hormis la frange la plus radicale de l’électorat d’opposition, les électeurs hongrois ont par ailleurs parfaitement conscience qu’une remise en cause soudaine de la politique énergétique hongroise — notamment en termes d’approvisionnement en gaz russe — aurait des conséquences dramatiques sur leur portefeuille. Malgré la volonté de certains à l’Ouest de mettre fin aux livraisons de gaz russe sur le sol européen, il ne semblerait pas qu’un bouleversement de telle nature soit d’actualité immédiate. C’est en tout cas ce qu’affirment le Premier ministre Viktor Orbán et son ministre des Affaires étrangères Péter Szijjártó, qui, depuis le début du conflit, s’opposent à ce que les sanctions européennes concernent le secteur énergétique.
Selon l’aveu même du politologue Gábor Török, l’opposition est passée à côté d’une opportunité dans la gestion politique du conflit russo-ukrainien. Au lieu d’appeler d’emblée à l’unité nationale et ainsi bloquer toute offensive du camp gouvernemental, l’opposition a fait le choix d’accentuer le clivage avec Viktor Orbán sur la question russe. Elle a laissé le chef du gouvernement hongrois endosser ce rôle d’unificateur, Viktor Orbán ayant visiblement réussi à montrer qu’il est le seul candidat en lice à être en mesure de défendre les intérêts et la sécurité des Hongrois — une observation également faite par le média américain Bloomberg, corroborée par plusieurs enquêtes d’opinion.
















