mais surtout que ces violations portent atteinte ou présentent un risque sérieux de porter atteinte, d’une manière suffisamment directe, à la bonne gestion financière du budget de l’Union ou à la protection de ses intérêts financiers ».
C’est d’ailleurs en échange d’une telle assurance, confirmée par une déclaration des 27 au Conseil européen de décembre 2020, que les premiers ministres polonais et hongrois avaient accepté de lever leur veto pour l’adoption du budget pluriannuel 2021-27 de l’UE et du plan de relance NextGenerationEU.
Le problème, c’est qu’avant même la validation de ce mécanisme par la CJUE, la Commission l’utilise déjà pour exiger de la Pologne qu’elle revienne sur ses réformes de la justice et de la Hongrie qu’elle abroge sa loi de juin 2021 qui a interdit la propagande LGBT auprès des mineurs. Dans le cas de la Pologne, la Commission argumente que l’absence d’indépendance de la justice (aux yeux de la Commission) ne permet pas de garantir une supervision adéquate de l’utilisation des fonds, et ce alors que la Pologne fait pourtant partie des bons élèves de l’UE en matière d’utilisation transparente et conforme aux règles de ces fonds et de lutte contre la corruption. L’autre raison avancée par la Commission pour retenir les fonds prévus pour la Pologne, c’est le jugement d’octobre du Tribunal constitutionnel polonais qui a affirmé la primauté de la Constitution polonaise sur les jugements de la CJUE dans les domaines où les traités n’ont pas transférés de compétences à l’UE (en l’occurrence il s’agit ici justement de l’organisation de la justice). Dans le cas de la Hongrie, la Commission avance officiellement des motifs liés aux problèmes de corruption qui n’auraient pas été résolus par Budapest tout en faisant savoir officieusement que c’est cette loi de protection des mineurs qui lui pose en réalité problème.

















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