Médianéző Központ a aussi examiné l’état du rapport de force politique dans l’arène médiatique. Il appert que 95% des adultes hongrois (soit 7,7 millions de personnes) sont des consommateurs médiatiques réguliers, avec un degré de confiance faite aux médias qui correspond á la moyenne de l’Union européenne. Le marché médiatique hongrois est équilibré : en termes d’ordre de grandeur, les Hongrois sont aussi nombreux á s’informer dans la presse conservatrice que dans celle de la gauche libérale– ceux-lá sont 84% (soit 6,8 millions), ceux-ci, 83% (soit 6,7 millions). Le nombre de ceux qui puisent leurs informations dans des médias des deux bords est de presque six millions de personnes, ce qui signifie qu’il existe une part d’au moins 75% de l’électorat dont on peut être certain qu’elle est potentiellement á l’écoute des points de vue des deux bords.
La décennie écoulée a été celle d’un tournant important sur le marché médiatique hongrois – á la fois sur sa gauche et sur sa droite. A la chute du communisme, on avait vu apparaître en Hongrie de nombreux investisseurs étrangers bien capitalisés et spécialisés dans le secteur médiatique : les allemands Axel Springer et Bertelsmann, avec le suisse Ringier, ont ensuite dominé le marché pendant deux décennies ;encore aujourd’hui, dans le domaine de la presse de boulevard, le quotidien le plus vendu de Hongrie, Blikk, est détenu par Ringier et Axel Springer – écrit Médianéző Központ. En 2014, les parts de Sanomaont été rachetées par le groupe Centrál, détenu par le milliardaire hongrois Zoltán Varga, á qui d’aucuns supposent des liens avec la gauche libérale. Ce même groupe médiatique Centráldétient aussi l’un des plus grands portails électroniques de gauche libérale, atteignant des millions d’internautes : 24.hu, mais aussi le magazine hebdomadaire de politique et d’économie HVG, présent á la fois sur le marché de la presse écrite et sur celui de la presse en ligne, et dont la part de marché est considérable. C’est toujours après 2014 que des capitaux hongrois ont fait l’acquisition d’un des acteurs-clé du marché médiatique hongrois : Mediaworks Hungary Zrt, dont le portefeuille inclut des quotidiens régionaux, des revues économiques spécialisées, des magazines de mode, des titres de type lifestyle et de la presse de boulevard, ainsi que divers quotidiens politiques et portails Internet nationaux, comme Világgazdaság, Magyar Nemzet ou encore Mandiner. En 2015, l’un des portails électroniques les plus importants en langue hongroise, Origó.hu, est lui aussi passé aux mains du capital hongrois, lorsque la société Magyar Telekom, majoritairement détenue par l’allemand Deutsche Telekom, l’a vendu á la société hongroise New Wave Media Kft. Comme le montre Médianéző Központ dans son analyse, sur le marché des chaînes de télévision commerciales hongroises, la présence du capital étranger est importante : c’est le groupe RTL qui contrôle RTL Klub, chaîne qui diffuse l’émission d’actualités la plus suivie du pays, ainsi que plusieurs chaînes du câble. Le capital hongrois est néanmoins présent lui aussi, détenant notamment le groupe TV2, dont la chaîne TV2, seconde chaîne du pays, et principal concurrent de RTL Klub. Sur le marché des médias ayant une influence politique déterminante,du point de vue du nombre de titres,la part du capital hongrois– nous révèle cette même étude– s’élève aujourd’hui á 95%.
















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