C’est alors que la société allemande a commencé à soupçonner l’inévitabilité de la défaite catastrophique qu’allait subir l’axe Berlin–Rome–Tokyo, et, lorsque le 6 juin 1944 les Anglo-Américains ont débarqué en Normandie, pour une grande majorité ce soupçon s’est transformé en certitude. Même si, au cours de ses premières journées, la dernière contre-offensive allemande – celle de décembre 1944 dans les Ardennes – a rendu à certains un peu d’espoir, les Américains, se ressaisissant bien vite, ont repoussé l’offensive : c’est ainsi qu’a été dispersée la toute dernière attaque de l’Allemagne nazie. A partir de ce moment, la machine de propagande d’Hitler ne parvenait pratiquement plus à faire croire quoi que ce soit au peuple allemand – pas même l’omnipotence des fameuses « armes miracle » dont on lui remplissait les oreilles vers la fin de la guerre (et pourtant, de telles armes existaient bel et bien, mais leur développement avait commencé trop tard – l’exemple le mieux connu étant probablement celui des missiles V–1 et V–2, mais la liste inclut aussi divers armements que les Alliés allaient, après la fin de la guerre, finir de développer eux-mêmes à partir d’une intuition initiale des Allemands).
Si le Troisième Reich avait eu des instituts de sondage professionnels et objectifs (il n’en avait pas), ce qu’ils auraient révélé, c’est que l’indice de popularité du Führer n’avait de cesse de baisser, jusqu’à tomber à zéro en avril 1945
– abstraction faite, bien entendu, des adolescents inconscients qui poursuivaient encore un combat désespéré, et d’une petite minorité fanatisée au sein de l’état-major. Hitler lui-même en était d’ailleurs parfaitement conscient, comme nous l’apprend le journal du lieutenant Hans Baur, qui lui est resté fidèle jusqu’au bout. On y découvre qu’au moment où le Führer de cet empire tombé de haut, avant de se suicider, a pris congé de ses amis, il se rendait parfaitement compte de la disparition – non pas d’une majorité des deux tiers, mais de tout soutien populaire. Très peu de temps avant sa mort, il aurait en effet affirmé que « le moment est venu. Mes généraux m’ont trahi, mes soldats ont déposé les armes, je ne suis pas en mesure de poursuivre le combat. Un homme doit avoir le courage de regarder en face les conséquences de ses actes – raison pour laquelle j’ai décidé d’en finir. Je sais que, demain, des millions de gens vont me maudire. Mais moi, aujourd’hui, je vais en finir. »
















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