Éric Zemmour : Je pense qu’il ne comprend pas la nature du défi qui menace l’être même de notre pays. Il a beau être jeune, dans sa tête, il est vieux. C’est comme s’il vivait dans les années 1970, en contemporain de Valéry Giscard d’Estaing et de Michel Rocard. Il pense qu’aujourd’hui encore, l’économie serait la principale ligne de fracture. Alors que c’est la civilisation, l’identité, le destin de la nation. Il ne comprend pas ce qu’a dit René Girard. Tout ce qui le préoccupe, c’est comment affecter, à droite ou à gauche, deux pour cent du PIB. Je ne prétends pas que cela n’aurait pas d’importance, mais, dans l’autre plateau de la balance, il y a le déclin et la disparition de la France. Et cela, tout de même, ne revient pas au même, car là, il s’agit de questions de vie ou de mort.
László Szőcs : Je viens de voir que vous entretenez des relations très cordiales avec Marion Maréchal. Peut-on en dire autant de sa tante, Marine Le Pen, qui est votre rivale à droite ?
Éric Zemmour : J’aime beaucoup Marion. Avec sa tante, je n’ai pas une relation aussi proche.
László Szőcs : Quelle est la principale différence politique entre vous ?
Éric Zemmour : Le Pen a choisi de laisser sa politique dériver vers le centre, ce qui, à mon avis, constitue une erreur à la fois tactique et stratégique. Alors que 70% des Français sont d’accord avec ce que moi je dis sur l’Islam.
László Szőcs : Encore aujourd’hui, beaucoup évoquent ce débat télévisé de 2017, au cours duquel Marine Le Pen s’est ridiculisée face à Macron. Vous, en revanche, en votre qualité de chroniqueur, le débat, vous en vivez. Pensez-vous être meilleur en débat ?
Éric Zemmour : C’est l’autre problème qu’elle pose : le fait qu’au cours de ce débat, elle a humilié ses propres électeurs. Quant à moi, j’aime débattre, pas pour le plaisir de débattre, mais pour défendre mes vues.
László Szőcs : Et vous vaincriez Macron ?
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