Commentant spécifiquement la décision rendue, Judit Varga relève, là aussi, des erreurs factuelles. « Quand un eurodéputé décide de participer à un vote, il a trois possibilités : il peut voter pour, contre, ou s’abstenir. En observant cela avec un minimum de bon sens, on peut se demander : à quoi bon cette troisième option de la machine à voter, si l’abstention – à en croire la Cour – n’est pas considérée comme un vote exprimé ?
Lors de ce vote au PE en 2018, il y avait des eurodéputés qui approuvaient la position du gouvernement hongrois, mais qui, pour des raisons de politique intérieure, ont préféré appuyer sur le bouton ‘abstention’, plutôt que de voter ‘non’. C’est la liberté du mandat de représentation qui a été violée, dans la mesure où ces derniers ont été amenés à ‘contribuer’ contre leur volonté au succès de la motion de l’équipe Sargentini »
– affirme la ministre, qui refuse de voir un hasard dans le fait que, la veille de ce vote, l’eurodéputée écologiste Sargentini ait elle-même encouragé les eurodéputés à aller boire un café plutôt que de participer au vote. « Il est certain qu’elle avait peur de ces abstentions, dont elle savait bien qu’elles compromettaient les chances de succès de sa motion. »
Entre temps, la querelle de l’état de droit s’est enrichie d’une nouvelle procédure judiciaire : cette fois-ci, c’est le Parlement européen qui envisage de porter plainte contre la Commission européenne, car les eurodéputés estiment que cette dernière s’est mise dans l’illégalité en négligeant d’appliquer, lors de son entrée en vigueur au premier janvier, l’ordonnance instituant le mécanisme de conditionnalité. Or la Hongrie et la Pologne ont attaqué devant la Cour de justice de l’Union européenne le règlement qui dicte ce système de conditions en matière d’état de droit – option que consignait déjà l’accord des chefs d’État et de gouvernement passé en décembre dernier.
Une guerre typiquement bruxelloise
Interrogée sur ce point, la ministre nous a répondu en soulignant que le Conseil européen, qui rassemble les chefs d’État et de gouvernement, est l’organe suprême de l’Union, à qui doit revenir le dernier mot, sans compter que la présidente de la Commission européenne s’est elle aussi portée garante du respect de l’accord de décembre dernier.
« On assiste à un conflit de pouvoir typiquement bruxellois. La question est : qui est maître à bord ? Les États-membres, ou le Parlement européen ?
Or la réponse ne fait aucun doute. Dans l’accord politique passé en décembre dernier, le Parlement européen n’a d’ailleurs joué aucun rôle, étant donné que les traités ne lui confèrent aucune légitimité à cette fin. Cela n’empêche pas les députés de la gauche libérale de menacer à présent la Commission, c’est-à-dire l’un des protagonistes effectifs de cette négociation. Et, comme, dans cette affaire, le PE réclame à la Cour de justice de l’Union européenne une procédure accélérée, une sentence en la matière pourrait être rendue dans quelques jours. Là aussi, en tout état de cause, il y a une contradiction :
tandis que, dans l’affaire Sargentini, la décision s’est fait attendre pendant presque trois ans, dans l’affaire du mécanisme de conditionnalité de l’octroi des ressources européennes, le Parlement européen réclame une procédure accélérée d’à peine six mois.
















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