Dans une conception hongroise, l’Europe Centrale, c’est l’espace qui s’étend entre les terres des Allemands et celles des Russes, limité au Nord par la Baltique, au Sud par l’Adriatique. Et, même si les limites exactes peuvent faire l’objet de débats, il est incontestable que les pays du V4 constituent, territorialement, le cœur de l’Europe Centrale.
Nous autres, Hongrois, nous avons toujours pensé que notre présence au monde n’était pas purement triviale. Naître hongrois, c’est naître investi d’une mission. Une mission qui nous dépasse – dont l’horizon et la portée sont européens. Et nous avons aussi toujours su que nous ne pourrions nous en acquitter qu’en association avec les autres peuples de l’Europe Centrale. Car sur ce territoire séparant les mondes allemand et russe, à la frontière des chrétientés latine et orthodoxe, dans ce berceau de tant de langues et de cultures nationales, il existe une particularité culturelle commune, une façon de voir la vie, une tenue spirituelle et corporelle caractéristique. J’en veux pour preuve des centaines de recueils de poèmes, de romans et de films polonais, slovaques, tchèques et hongrois. Or notre vocation, c’est la pérennisation de tout cela.
L’idée qu’ont les Hongrois de leur mission remonte à l’Empire Romain. Dans notre conception de l’histoire, notre Europe est l’œuvre des divers peuples qui, à des époques différentes, indépendamment les uns des autres, ont attaqué l’Empire Romain. Ces peuples ont fondé leurs pays sur les ruines de feu l’Empire Romain. Ils ont adopté le christianisme latin, mais sans renoncer à leur propre culture – c’est ainsi que le marteau de l’histoire a forgé des alliages de divers types.
















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