– Qu’est-ce qui lie la Hongrie aux peuples turciques ? Et eux, comment nous voient-ils ?
– Du fait de nos intérêts économiques, nous devons avoir de bonnes relations avec le monde turcique. Et en cela, nous n’avons qu’à suivre l’exemple de la Tchéquie, et même celui de l’Allemagne. Il serait bon que nous disposions, avec le monde turcique, proportionnellement à notre importance, d’un commerce extérieur aussi fourni que celui de Berlin ou que celui de Prague. Cependant, il est rassurant de voir que nous les talonnons. La Turquie est un marché immense, tandis que les pays d’Asie centrale sont à l’orée de développements majeurs – du fait, notamment, de la jeunesse de leur population. Il y a quelques années à peine que le plus grand État de la région, l’Ouzbékistan, a rompu avec l’autoritarisme en matière de politique économique et s’est ouvert aux investissements étrangers. Qui plus est, les peuples turciques nous considèrent comme des membres de leur famille étendue : les Hongrois sont pour eux une branche du même arbre, une branche occidentale, tombée loin du tronc, mais à l’origine d’un peuple couronné de succès.
Dans le monde turcique, on voit la Hongrie comme une tête de pont vers l’Union européenne – laquelle doit, dans cette immense région, assumer un rôle plus marqué et plus constructif.
– Le Premier ministre Viktor Orbán l’a déjà souligné à diverses reprises: pour Budapest, il est, d’un point de vue géopolitique, d’une grande importance de cultiver une alliance stratégique et des relations d’amitié non seulement avec Berlin et Moscou, mais aussi avec Ankara. Dans le contexte géopolitique actuel, pourquoi est-il important d’entretenir des relations amicales avec la Turquie ?
– Au cours de ces dernières décennies, la Turquie est devenue un centre de puissance important, à la mesure du poids démographique du pays, de son poids économique et de son poids en matière de politique de sécurité. Dans le domaine du commerce de marchandises, cela fait déjà plusieurs années que le commerce magyaro-turc se fixe pour objectif d’atteindre les cinq milliards de dollars américains. Si nos estimations sont justes, à la fin 2021, nous devrions nous en rapprocher de très près. Le montant combiné de nos exportations et de nos importations sera probablement de 4,4 milliards de dollars. Au cours des dernières années, des liens économiques et financiers majeurs se sont tissés entre les économies hongroise et turque – des liens que nous espérons pouvoir faire fructifier aussi sur les marchés de pays tiers. En outre, il ne fait aucun doute que c’est la Turquie qui bloque le flux des migrants sur la Mer Égée – un flux qui, traversant ensuite les Balkans, menace aussi notre pays. À l’heure actuelle, Ankara constitue un facteur de stabilisation très important aussi bien au Moyen-Orient qu’au Proche-Orient, qui sont les nouvelles sources de l’immigration, que ce soit à cause des guerres civiles qui s’y déroulent ou en raison d’autres crises. La Turquie joue un rôle important non seulement dans les processus de sécurité en cours en Europe du Sud-est, mais aussi dans ceux de l’Europe centre-orientale.
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