
D’après l’acte d’accusation, l’invocation des libertés d’expression et de religion ne doit pas disculper Räsänen de ses tirades d’incitation à la haine, car elle est censée garder pour elle ses convictions religieuses, et non les étaler en public.
Le procureur général considère que l’Etat doit intervenir contre tout discours de haine dirigé contre des groupes sociaux, chose qui ne ménage pas la possibilité pour les concernés de se retourner individuellement contre l’auteur dudit discours. Taxer les homosexuels de conduite peccamineuse est inacceptable même quand un tel jugement est d’ origine religieuse, car les manifestations publiques de la religion doivent elles aussi se plier aux prescriptions de la loi à l’encontre des discriminations.
Pour la défense, ceux qui se rendent coupables de discours de haine présentent la violence et la discrimination comme désirables, chose dont on ne trouve pas trace dans les propos et les écrits de Räsänen. Le procureur général aurait tenté à de nombreuses reprises de lui attribuer des idées qu’elle n’a jamais exprimées ni oralement, ni par écrit. Or Räsänen n’a jamais insulté les homosexuels, comme le prétend Mantila ; bien au contraire, elle a toujours souligné qu’elle condamnait le péché, et non le pécheur. Tout débat devient malsain quand la partie adverse doit constamment prendre garde à ne pas se retrouver traînée en justice. En marge du tweet incriminé (que Räsänen ne destinait d’ailleurs pas aux homosexuels, mais à sa propre église, qui venait de soutenir une marche des fiertés) l’avocat de la défense Matti Sankamo a affirmé que la Pride est un mouvement qui, de par sa nature même, s’expose à des critiques – et même à de dures critiques.

Pour Sankamo, la finalité de l’accusation est clairement de limiter la liberté d’expression.
Détail moins connu de l’affaire : la députée n’est pas seule sur le banc des accusés, où se trouve aussi convoqué l’évêque Juhana Pohjola, responsable de la publication du pamphlet de 2004, ce qui constitue une première dans l’histoire de la Finlande démocratique. Au cours de l’audience, l’évêque a affirmé que les accusations auxquelles il est soumis sont totalement dénuées de fondement, dans la mesure où la conception et la diffusion d’enseignements d’éthique sexuelle – il faisait par là allusion à la publication de 2004 – ne peuvent en aucun cas constituer une offense ou une vexation pour les gens.

















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