Les « failles » observées par la mission de l’OSCE
Les représentants de la mission mandatée par l’OSCE n’ont pas observé d’irrégularité au niveau du vote mis à part quelques irrégularités mineures de nature procédurale et concernant le secret du vote. Ils ont en revanche énuméré ce qu’ils ont considéré comme étant des « failles » (le mot « flaws » a été utilisé en anglais pendant la conférence de presse qui a suivi les élections) qui remettent en cause à leurs yeux le caractère entièrement démocratique, honnête et transparent de ces élections. Ces « failles » sont : l’intensité de la campagne négative à l’encontre de l’opposition de la part du camp gouvernemental et des médias publics, la frontière floue entre dépenses de campagne du camp gouvernemental et action gouvernementale, ainsi que la présence trop faible de femmes dans la campagne, ce qui entraînerait, de l’avis des responsables de la mission de l’OSCE, un manque « d’inclusivité » préjudiciable au caractère pleinement démocratique des élections. Du coup, la parlementaire danoise Kari Henriksen, coordinatrice de la mission, a parlé de « l’absence de conditions de concurrence équitables » (« absence of a level playing field »), tout en reconnaissant que le vote lui-même s’était déroulé dans de bonnes conditions et que les candidats avaient pu faire campagne librement.
Des réserves qui ne sont pas partagées par la mission concurrente
La mission d’observation des organisations conservatrices n’a pas partagé les réserves de celle de l’OSCE à laquelle elle avait déjà reproché un rapport préliminaire, publié avant la tenue des élections, de nature à faire douter de son impartialité. Dans ses conclusions finales, la mission d’observation des organisations conservatrices remarque, en ce qui concerne les conditions de concurrence que, si les médias publics ont indubitablement été du côté du gouvernement dans la campagne électorale, il existe en Hongrie de nombreux médias privés qui sont, eux, hostiles au gouvernement et favorables à l’opposition et qui ont ainsi équilibré le paysage médiatique et les possibilités d’accès aux médias, la « consommation » des médias pro et anti-gouvernementaux étant, d’après une étude du troisième trimestre 2021 citée dans le rapport d’observation et pendant la conférence de presse, plutôt équilibrée. Quant au caractère négatif de la campagne, ainsi que l’avaient aussi admis les représentants de la mission de l’OSCE lors de leur propre conférence de presse, il est un fait dans les deux sens (de la part du camp gouvernemental et de l’opposition) et la Hongrie ne fait pas figure d’exception dans ce domaine. Et enfin, en ce qui concerne la frontière floue entre dépenses de campagne et dépenses liées à l’action gouvernementale, cette deuxième mission a remarqué que ce flou existe aussi entre dépenses de campagne de l’opposition et dépenses des ONG majoritairement du côté de l’opposition, dont de nombreuses qui bénéficient de financement étrangers, y compris un nombre non négligeable bénéficiant de financements de l’Open Society Foundations de George Soros. Des ONG qui ont également investi des sommes conséquentes, qui se comptent en millions de dollars, dans la campagne réussie de l’opposition pour faire invalider le référendum par un boycott ou des votes non valides (en répondant à la fois oui et non aux différentes questions, voire en écrivant des vulgarités sur la feuille de vote du référendum comme cela nous a été signalé par des observateurs des élections).
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