mon père me dire : l’origine ne compte pas,
que l’homme porte botte [hongroise] ou guêtre [caractéristique des roumains etc.] :
ses tristesses et ses joies sont les mêmes,
dans les vallées du haut tout comme dans celles du bas.
Je veux bien que vous luttiez pour votre liberté.
Mais suivez, s’il vous plaît, mon conseil :
que les uns, pour l’amour d’autres peuples,
n’aillent point follement ricaner du malheur des autres.
Car si nous choisissons de ricaner,
nous ferons le malheur des deux vallées. »
Comme si souvent par le passé et par la suite, cette main amicale, voire fraternelle, tendue dans un moment historique bien particulier, a été rejetée. (Il est arrivé la même chose à d’autres…) « Une voix s’adresse aux Slovaques » – tel était le sous-titre du poème. La voix s’est perdue, sans susciter d’écho. Et pour en venir à nos jours : en plein milieu du scandale susmentionné – revoici l’effet Sinka ! –, la Hongrie aide la Slovaquie à se procurer des vaccins russes…
Nous savons, bien sûr, que nécessité a force de loi. Depuis le déclenchement, en 2015, de la crise des migrants, du fait de notre coopération au sein du Groupe de Visegrád, nous avons été plus attentifs à l’évidente communauté d’intérêts qui nous lie aussi bien au peuple slovaque qu’au peuple tchèque ; à l’occasion, cette coopération a d’ailleurs débouché sur des initiatives et des résultats diplomatiques communs, réellement prometteurs.
Seulement voilà : la diplomatie et les intrications d’intérêts de la politique étrangère sont une chose – et la politique de la nation en est une autre. Que, tout au long de soixante-quinze années, absolument rien n’a changé en réalité : voilà un fait, dont nous ne pouvons que prendre connaissance, avec amertume – de même qu’il est évident que les braves Palócs [groupe ethnico-dialectal de Haute-Hongrie] du comté de Gömör [Gemer en slovaque] sont jusqu’à l’os de bons hongrois, et que les fières fortifications de Krasznahorka [Hrad Krásna Hôrka] font tout autant partie intégrante de notre histoire et de notre conscience nationale que la tombe de Rákóczi dans la cathédrale de Kassa [Košice en slovaque], la maison du peintre Szinyei Merse dans le comté de Sáros [Šarišská župa], la merveilleuse grand-place de Bártfa [Bardejov] ou encore le labyrinthe d’eaux sauvages du Csallóköz [Veľký Žitný ostrov, sur le Danube]. (Tout cela sans mentionner une seule fois l’équipe de football DAC de Dunaszerdahely [Dunajská Streda] et la chanson Nélküled [« sans toi » : tube de pop hongroise devenu l’hymne de ce club].)
Szóljon hozzá!
Jelenleg csak a hozzászólások egy kis részét látja. Hozzászóláshoz és a további kommentek megtekintéséhez lépjen be, vagy regisztráljon!