On fera bien mieux de concentrer son attention sur la signification véritable des réflexions de Klaus Schwab – telles qu’il les poursuit en permanence dans des entretiens publiés depuis lors – sur ce nouvel ordre mondial « transhumain » qu’il nous fixe comme objectif.
Établissons d’emblée un point qui ne fait plus aucun doute : l’élite mondiale s’est fixé pour but primordial la disparition des nations et des États-nations, et la création d’une gouvernance mondiale constituant un ample système régentant tous les aspects de l’existence, et dans le cadre de laquelle – à les en croire, tout du moins – il deviendra possible de régler, ou du moins de gérer, de grands problèmes mondiaux comme les inégalités sociales, le changement climatique, la croissance non-soutenable, les migrations etc..
Cela fait bien sûr longtemps que l’élite mondiale s’y prépare : des personnalités saillantes en parlent depuis des décennies. L’ancien Secrétaire d’État et conseiller Henry Kissinger, dont Klaus Schwab a d’ailleurs suivi les conférences il y a cinquante ans à Harvard, dès les années 1970-80, expliquait qu’après la mondialisation du marché, il faudrait aussi mondialiser la politique. Ancien conseiller principal à la sécurité nationale, Brzezinski parlait de la fin des États souverains, tandis que David Rockefeller évoquait la nécessité d’un gouvernement mondial et que Bush père, dans un discours de 1990, proclamait déjà le Nouvel Ordre Mondial. Tels sont donc les auteurs de ces « théories de la conspiration » qu’il serait défendu de prendre au sérieux.















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