S’il est si important de revenir sur ces épisodes d’entraide, c’est aussi parce que l’histoire commune de nos deux peuples n’a pas toujours été exempte de conflits, et même de conflits graves. Cette histoire de coexistence serbo-magyare inclut hélas aussi quelques chapitres sanglants. Du XVIe au XXe siècle, on se souvient de plusieurs conflits ethniques graves, qui ont durablement grevé nos relations. Les massacres perpétrés dans les agglomérations hongroises de Voïvodine lors de la guerre de libération nationale de 1848–49 ont laissé une trace indélébile dans la mémoire nationale, non moins que les atrocités commises par les Hongrois dans cette même Voïvodine pendant la Seconde Guerre mondiale, ou encore les punitions collectives qu’ont subies les villages hongrois à la fin de ladite guerre.
Nous aurions néanmoins aussi tort d’oublier que, dans la plupart des cas, derrière ces conflits, on trouvait les menées de telle ou telle grande puissance aspirant à placer notre région sous son influence – que ce soient les Habsbourg, cherchant à favoriser leurs intérêts dynastiques en incitant aux conflits ethniques, ou les grandes puissances qui ont parrainé la Petite Entente à titre d’alliance de revers contre l’Allemagne, quitte à envenimer sans scrupules les contradictions ethniques de la région, et sans autre but que la poursuite de ce qu’elles considéraient alors comme leurs intérêts stratégiques. Ce sont ces haines artificiellement attisées qu’a ensuite exploitées aussi l’Allemagne national-socialiste, lorsqu’elle a dressé les uns contre les autres les peuples de la région, pour favoriser son entreprise de conquête. C’est à cette entreprise que réagit, au printemps 1941, le geste tragique du Premier ministre hongrois Pál Teleki, qui s’est suicidé en signe de protestation contre l’invasion de notre voisin méridional.
S’il est une leçon que nous avons pu retenir de tout cela en vue de l’avenir, c’est que nous ne devons pas laisser des puissances étrangères régler les affaires de notre région. Chaque fois que cela s’est produit, ce sont les peuples qui vivent ici – nous autres Hongrois, les Serbes et les autres – qui en ont subi les conséquences.
















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