Dans le contexte d’une crise migratoire en cours d’aggravation, le Premier ministre Viktor Orbán a adressé une lettre à la présidente de la Commission européenne. Magyar Nemzet a eu accès à ce texte daté de mardi, dans lequel le chef du gouvernement hongrois fait clairement savoir à Ursula von der Leyen qu’à l’heure actuelle,
la « fragile stabilité » de l’Europe est due à la Hongrie et aux autres États-membres qui, avec elle, réussissent à défendre les frontières externes de l’UE.
Dans cette lettre de deux pages, il lui rappelle que, jusqu’à présent, la Hongrie à elle seule a dépensé, sur son budget national, 590 milliards de forints (1.6 milliards d’euros – n.d.t.) pour la défense des frontières.
Ces derniers temps, les mesures de protection prises par la Hongrie sont devenues la norme. Il est visible qu’en 2021, l’exemple hongrois a été suivi en Grèce, en Espagne, en Bulgarie, en Slovénie, en Estonie, en Lituanie, en Lettonie et en Pologne, tous ces pays construisant des dispositifs de protection le long de leurs frontières.
Viktor Orbán en profite pour rappeler que, le 7 octobre, douze États-membres en tout ont, sous la forme d’une lettre commune, réclamé que ces constructions de barrières soient cofinancées par le budget de l’Union, dans la mesure où il est établi qu’elles représentent des mesures de protection efficaces. « Moi aussi – précise-t-il – j’ai défendu ce point de vue dans ma prise de parole à la dernière réunion du Conseil de l’Europe. »
Pour Viktor Orbán, le moment est venu pour la Commission européenne de faire ce qu’elle aurait dû faire depuis longtemps : reconnaître que la protection des frontières externes est incontestablement une forme de la solidarité européenne, et donc accorder reconnaissance et soutien aux efforts déployés dans ce sens par les États-membres.
« On ne peut plus faire semblant de ne pas voir qu’au cours des six dernières années, la Hongrie a consacré de grandes quantités d’instruments, de fonds et de ressources humaines à la protection des frontières externes de l’Union européenne. C’est pourquoi je somme à nouveau la Commission européenne de rembourser à la Hongrie le coût de ses mesures de protection des frontières. Le fait que cette demande ait été rejetée par le passé tient à une interprétation erronée des règles par la Commission européenne. »