Cette citation permet de supposer que les Suédois n’en pensent peut-être pas moins que mon collègue pasteur ; seulement eux ont, depuis leur enfance, pris l’habitude « d’être sages » : on ne critique pas, on ne juge pas, on n’en pense pas moins, mais on évite le conflit et la querelle. C’est probablement cette mentalité qui a fourni l’une de ses clés de voute – quoique pas forcément la plus importante – à la fameuse diplomatie suédoise.
Au cours des vingt dernières années, même les Suédois se sont mis à utiliser l’expression mångkulturelt land, soit « pays multiculturel », pour désigner leur pays inondé d’immigrés pour la plupart clandestins. C’est au nom de ce concept que l’un des presbytres de la paroisse d’Iván Knézy a, lors d’un entretien télévisé, justifié la nécessité de la procédure lancée contre ce dernier. Le presbytère, interprétant le concept de liberté d’opinion de manière relativement unilatérale, s’est montré spectaculairement unanime dans une sorte de conformisme dicté par les attentes du mainstream idéologique scandinave.
Il est à noter qu’en dépit de leur séparation officielle, l’État suédois reste bien présent au sein de l’Église et de ses paroisses. La composition des presbytères des paroisses reflète, pour l’essentiel, celle du Parlement : en d’autres termes, même lorsque des paroissiens élisent les membres de leur conseil presbytéral, ils votent pour un parti politique. Or, étant donné que l’Église de Suède a un patrimoine d’une valeur qui dépasse l’entendement (forêts, biens immobiliers, etc…), et – qui plus est – qu’elle est l’un des principaux employeurs du pays, on comprend bien que l’État, le gouvernement – tout particulièrement lorsque c’est la gauche libérale qui est au pouvoir –, soient peu désireux de se retirer réellement de ces organes initialement destinés à l’organisation de la vie religieuse.
















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